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La force de l’écologie réside dans sa spiritualité

Référence à notre rencontre du Club Cèdres du 29.04.14 sur «Théologie de la création et spiritualité écologique» (ou écospiritualité). Une réflexion sur la compatibilité des spiritualités impliquées dans les divers courants écologistes et celle qui découle d’une théologie de la création.

Par René Blanchet

Au-delà des mesures d’ordre technique

Une unanimité toujours plus forte s’établit pour reconnaître la réalité des problèmes environnementaux et les dangers, déjà constatés ou encore inconnus, qu’ils font planer sur la vie de notre planète. Ces maux seraient cependant faciles à juguler s’ils ne correspondaient pas à une flambée consumériste de la population, à l’exploitation systématique des inégalités dans le monde de la part des plus forts, à une hypertrophie de la sphère financière, à la persistance d’une idéologie du progrès et de la croissance infinie, à la croyance que le bonheur est synonyme de bien-être matériel.

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Veilleur, où en est la nuit?

«Ne racontez pas ce qui est arrivé au matin de Pâques.
D’ailleurs, qui parmi vous pourrait le savoir?
L’acharnement à vouloir aussi bien prouver que nier
l’historicité de Pâques est aussi douteux que suspect.
Parlez plutôt de cette lumière qui peut éclairer nos nuits.
Evoquez ce qui vous est arrivé à partir de là.
Vivez quelque chose qui peut m’arriver à moi aussi…».

D’après Gérard Rolland, La condition passagère

Décidément, la symbolique pascale est redoutable. En témoigne l’étonnante facilité de bien des discours chrétiens, où le plus inouï tombe dans la banalité, laissant stupéfaites ou exaspérées les oreilles quelque peu exigeantes. Parce qu’elle a pu signifier, à travers les âges, aussi bien l’exaltation de l’au-delà (une garantie d’immortalité!) que la prestation compensatoire à une vie de misère et d’effroi (l’opium du peuple!), Pâques s’expose au soupçon de projection et d’illusion du désir. Le récit pascal, trop beau pour être vrai, ne serait-il alors qu’une façon de domestiquer le tragique de la mort et de déserter la réalité humaine?

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Rameaux 2014 – billet d’un père à sa fille

Par Jean-François Habermacher, directeur des Cèdres, capitaine débutant et… papa!

 

Chère Lou,

Je me réjouis que tu aies choisi de confirmer aujourd’hui le sens de ton baptême. Qui rappelle, à chacune et chacun, croyant-e ou non, que ce qui se tient en amont, en aval et au cœur de nos vies, c’est une promesse de Vie et de Bonté. Cette promesse, tu le sais bien, n’est pas une évidence objective — ni non plus d’ailleurs, le point de vue inverse qui dirait que tout ce qui est vient de nulle part et va vers nulle part. Cette Promesse qui accompagne toute existence n’est cependant pas une promesse en l’air. Elle n’est pas sans effet. C’est une promesse solide, efficace, sur laquelle tu peux prendre appui. Si elle ne se prouve pas, elle peut cependant s’éprouver dans nos vies. Elle nous donne, par exemple, le courage de vivre, le courage d’être qui nous sommes. Elle donne l’élan dont nos vies ont besoin pour grandir et se développer avec confiance et espérance…

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Pourquoi un blog? ou Devenir blogueur!

Créer un blog, bonne blague! C’est ce que je me suis toujours dit, aussi bien d’un point de vue personnel qu’en tant que responsable d’un organisme de formation d’adultes, jusqu’à ce jeudi 10 avril, jour où le blog de Cèdres Formation fut lancé à l’eau. Avec un équipage plutôt solide, au pied marin et à l’estomac bien accroché: «Heureux et fiers d’y être matelots…» Cette joyeuse équipe de collègues bienveillants, riches d’expériences et de savoir-faire, de passion et de réalisme, de persévérance et de conviction, réussit, finalement, à me persuader: «Allez, jette-toi à l’eau!».

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Mourir, la belle affaire, mais…

Par Jean-François Habermacher.

Devant la mort, on ne fait pas les rigolos. Les masques tombent. Elle nous touche au plus intime, au plus profond. Malgré tous les soins qui nous seront prodigués, malgré la présence, l’affection des proches et des amis, cette aventure restera mon aventure, pour autant bien sûr qu’il me soit donné de la vivre…

Quant à la mort de Jésus que l’on s’apprête à célébrer, je me distancie aujourd’hui de plusieurs interprétations chrétiennes classiques. Je ne crois pas, par exemple, que Jésus ait été programmé pour mourir, pour offrir une prestation compensatoire ou pour subir le châtiment divin à notre place. « La mort de Jésus est le fait des hommes, non une exigence de Dieu ». Mais que faire alors de cette conception sacrificielle de la mort de Jésus qui a marqué notre culture et qui semble encore donner le ton dans la plupart des Eglises chrétiennes actuelles ?

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