À propos de «Ni dieux, ni diables» de Michel Bavaud

«Ni dieux, ni diables» est un ouvrage de quelque 130 pages, divisé en une vingtaine de chapitres dont chacun constitue une unité de lecture.2015 Image F. Bavaud

Le lecteur peut donc y naviguer à loisir, y picorer, revenir sur ses pas, aussi bien que lire ce cri du cœur d’une seule traite.

Michel Bavaud nous était déjà connu pour son «Epître au Romain» (un singulier significatif), «Dieu, ce beau mirage», ou «L’Evangile de l’athée», entre autres.

C’est le même arrière-plan que nous découvrons ici, celui d’un catholique romain devenu athée, apparemment moins en révolte contre l’Eglise que contre le fait d’avoir été dupe, naguère, de niaiseries bibliques et théologiques qui ne sauraient tenir la route selon lui, eu égard à la raison.

Une nouvelle expression du «coming out» de l’ancien croyant? Pas vraiment ; on verrait plutôt ici le développement de l’affirmation d’un homme qui, au soir de sa vie, exprime le mûrissement de la découverte de sa propre lumière qui se situe aux antipodes de ses convictions et pratiques religieuses d’antan. Il nous fait partager tout à la fois son bonheur presque jubilatoire d’affirmer une autonomie complète de la pensée et la déception, l’amertume voire l’indignation de l’homme révolté d’avoir été pris au piège de croyances que sa conscience a désormais rejetées.

Entendons-nous bien: Michel Bavaud n’abandonne pas le catholicisme au profit d’une autre expression de foi, mais en faveur d’un athéisme caractérisé. A la question relative à l’«Indicible» ou au «Tout Autre», il répond: «Alors, pourquoi mille et une religions en parlent avec conviction et y consacrent tant de commentaires?».

Et à la question de savoir si la raison n’est parfois pas trompeuse, il répond: «Peut-être, mais je n’ai que celle-là et je dois me débrouiller avec elle».

Jacques Herman


Michel Bavaud, Ni dieux, ni diables, 2015, chez l’auteur, 1733 Treyvaux